Écolieu Kervillé, avant-poste pour repenser le travail essentiel
Matteo Vivier
Depuis 2017, les habitantes et habitants de l’écolieu de Kervillé en Bretagne sont en quête d’autonomie alimentaire, énergétique et matérielle. Tous et toutes endossent alors le rôle de travailleur essentiel pour subvenir aux besoins du groupe.
Tous les mardis, c’est jour de réunion pour Cédric, Émilie, Steven, Chloé, Gérald, Franck et Justine. Les sept (bientôt neuf) propriétaires des lieux ont chacune et chacun acheté une part en tant que Société civile immobilière (SCI) et choisi leur habitation. Afin de « sortir du système mercantile », ils opèrent un retour aux fondamentaux : se nourrir, se loger, créer du lien. Le tout, en autonomie.
Maçonnerie, soudage, maraîchage, arboriculture, autant de rôles essentiels que chacun et chacune, ou presque, essaye d’incarner. « L’avenir, c’est d’avoir des profils polyvalents, pas des spécialistes », explique Cédric, le plus ancien de Kervillé. « Je grossis le trait, mais ici tout le monde sait se servir d’un marteau, d’une fourche, gérer des réunions et préparer pour les autres. » Cet écolieu est un terrain d’expérimentation dans l’organisation du travail, une « mini-société où le but est de faire quelque chose qui ressemble à l’être que tu es », conclut le maçon.
Cédric a découvert cet ancien atelier d’artistes sculpteurs sur Leboncoin. En 2017, après l’obtention d’un prêt bancaire, il s’installe avec son ex-compagne. L’écolieu Kervillé est lancé. Aujourd’hui, cinq foyers vivent ici.Franck, maraîcher à Kervillé, s’affaire à transporter le bois depuis la réserve jusqu’à la cour des matériaux. Les habitants de l’écolieu construisent des box de bois afin que chaque foyer puisse profiter d’une réserve personnelle.Malgré les dégâts, le potager a pu fournir de nombreux légumes cet hiver : blettes, salades, pommes de terre. Mais la palme d’or revient aux courges : pommes d’or, potimarron, ou butternut ont été récoltés en surplus. Franck, le maraîcher, en vend aux habitants de la région.Alain et Isabelle viennent prêter main-forte à Justine et Émilie, qui habitent Kervillé. Ils remuent fermement le fumier donné par un voisin chevrier. « Grâce aux nitrates de la matière organique, on amende le sol, ça permet de mieux faire pousser derrière », explique Émilie.Cédric est embauché par l’association collective des habitants pour la construction. À côté de son travail, il aime « recycler ce que jettent les autres ou rafistoler les dégâts matériels », comme la petite éolienne de Gérald et Chloé, cassée par une tempête, ou la brouette du groupe.S’installer dans un écolieu peut ressembler à un virage abrupt. Steven, lui, relativise : « Je joue aussi un rôle de passeur pour les futurs arrivants. Je ne serai pas éternel ici ». Gérald acquiesce : « Tous ces arbres que je plante, je ne les verrai pas grandir jusqu’au bout. Je le fais surtout pour les générations futures. »
Gérald Duda charge sa remorque de sacs de ciment. Si les habitants s’efforcent à faire de l’écoconstruction, il admet la « dépendance au béton, à hauteur de 5 à 10%, notamment pour couler les dalles au sol ».Gérald est informaticien de formation. Aujourd’hui, il travaille à mi-temps dans le domaine et consacre beaucoup d’énergie à l’arboristerie. Plus de 350 arbres ont été plantés en deux ans sur ce verger.L’écolieu Kervillé est en phase d’être autonome en œufs. Une quinzaine de poules peuvent se balader dans un enclos, mitoyen au poulailler, que Cédric nettoie, pour éviter la prolifération de maladies.Gérald observe les dégâts causés par une tempête en décembre sur le potager. L’une des serres a été ravagée, pendant que l’autre, au second plan, a perdu sa bâche protectrice.L’écolieu Kervillé cherche aussi l’autonomie énergétique. Des panneaux solaires sont installés auprès de deux foyers, tandis que des prototypes d’éoliennes sont en discussion. Cédric, lui, produit aussi son propre biogaz avec un ami ingénieur.
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